Vous avez été nombreux à vous proposer pour la permanence du 15 ocotobre, restée vacante sans raison apparente.

Mais il n'y a que Sylvie qui a relevé l'erreur avec l'heure. Il fallait bien sûr lire 17 h 45 et non 18 h 45.

Bah, comme dirait Jack Lemmon, "nobody's perfect". Ca nous a donné l'occasion de passer pour des pommes.

Nous aurons donc du monde ce jour-là.

Merci Alice, Vincent, Marido et Danielle.

On compte sur vous.

A ce soir

 





 


J’en ai tant vu qui s’en allèrent
Ils ne demandaient que du feu
Ils se contentaient de si peu
Ils avaient si peu de colère
J’entends leurs pas j’entends leurs voix
Qui disent des choses banales
Comme on en lit sur le journal
Comme on en dit le soir chez soi
Ce qu’on fait de vous hommes femmes
O pierre tendre tôt usée
Et vos apparences brisées
Vous regarder m’arrache l’âme

Les choses vont comme elles vont
De temps en temps la terre tremble
Le malheur au malheur ressemble
Il est profond profond profond
Vous voudriez au ciel bleu croire
Je le connais ce sentiment
J’y crois aussi moi par moments
Comme l’alouette au miroir
J’y crois parfois je vous l’avoue
A n’en pas croire mes oreilles
Ah je suis bien votre pareil
Ah je suis bien pareil à vous

A vous comme les grains de sable
Comme le sang toujours versé
Comme les doigts toujours blessés
Ah je suis bien votre semblable
J’aurais tant voulu vous aider
Vous qui semblez autres moi-même
Mais les mots qu’au vent noir je sème
Qui sait si vous les entendez
Tout se perd et rien ne vous touche
Ni mes paroles ni mes mains
Et vous passez votre chemin
Sans savoir que ce que dit ma bouche

Votre enfer est pourtant le mien
Nous vivons sous le même règne
Et lorsque vous saignez je saigne
Et je meurs dans vos mêmes liens
Quelle heure est-il quel temps fait-il
J’aurais tant aimé cependant
Gagner pour vous pour moi perdant
Avoir été peut-être utile
C’est un rêve modeste et fou
Il aurait mieux valu le taire
Vous me mettrez avec en terre
Comme une étoile au fond d’un trou

Louis ARAGON

 

 



En ces temps qui marchent sur la tête à s'en arracher les cheveux, on ne cesse de préconiser "un retour aux fondamentaux"...

Sans bien savoir ce que cela veut dire, je suis retournée aux miens, en écoutant ce magnifique poème d'Aragon, mis en musique par J.Ferrat et interprété par Catherine Sauvage.

Un pur joyau.

Les journalistes rencontrés dimanche à Wambrechies...c'est vraiment pas leur génération !

Les fossoyeurs d'étoiles dont il était question...ont d'autres chats à fouetter en la personne des cultivateurs qu'ils exploitent ou mettent "hors terre", carrément.

Quant aux politiciens qui mènent la danse avec eux...leur vie, c'est la Bourse !  Qui plus est : ils sont sourds!

Alors, ça met un peu le bourdon, de voir "ce peu" auquel est réduit l'échange de dimanche.

Et notamment rien, sur la déstructuration du lien social  mise en place par cette société de consommation forcenée.

A la "Ferme  du Sart", le paiement par carte bleue est obligatoire. Forcément, y a pas de caissière ! N'y ayant jamais mis les pieds, j'en croyais pas mes oreilles ! Je suppose qu'il n'y a pas davantage de maraîchers pour vous renseigner sur les caractéristiques de leurs produits et , éventuellement, la façon de les préparer...

Par contre,  paraît-il, mieux vaut résister à l'incitation de laisser votre adresse e-mail, afin d'éviter les invites répétées à venir mettre votre précieuse carte dans la machine...au nom de promotions, qu'il est permis de supposer fallacieuses.

J'appartiens à une génération pour laquelle la terre était par définition "nourricière", et l'image de la nourrice : une poitrine généreuse offerte à une bouche goulue, de l'étreinte, du corps à corps, et surtout du langage...

Et bien, je vais vous dire, je ne serais pas autrement étonnée si un jour, un surdoué de l'économie nous sortait une machine programmable pour la distribution des biberons !

Nous vivons dans un pays où la "répression"  a mis au rancard, depuis longtemps "la prévention" (sauf en cas de grippette).

Où l'on semble avoir oublié que l'humain ne naît pas naturellement bon ( ce qui n'a rien à voir avec le dépistage du gêne de la délinquance !) ; que vivre ensemble, se découvrir, se reconnaître différents, se respecter : ça s'apprend, "sur le tas"...

Alors, un"retour à la terre", à ceux qui la travaillent en la respectant, est-ce que ça ne pourrait pas favoriser une "pollenisation" du savoir vivre...ensemble ?

N'est ce qu'un rêve "modeste et fou"?

 

Nelly Thienpondt

 

 


 

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