Le haut du panier
18 mars 2009
Voici tous les amapiens réunis lundi soir pour une première rencontre et la signature des contrats. Désormais on attend épinards, radis et salades. Nous sommes prêts.
Retrouvez le discours inaugural du Président de l'AMAP, Jean-Marc Wojtkowski et le petit clin d'oeil de la famille Ruhant
Mesdames, Messieurs
Bonsoir à tous !
Merci d'être présents ici ce soir à la naissance officielle de Lomme de Terre
D'où vient ce projet et quel est son sens ? Chacun a pu constater depuis quelques dizaines d'années la dégradation continuelle de notre quotidien et au cœur de celui-ci, celle de notre nourriture: de bon marché et goûteuse il y a 50 ans, elle est devenue chère et dégoûteuse.
Le système économique que l'on nous dépeint comme le seul raisonnable aboutit à cette logique désarmante: nous empoisonner à petit feu et tuer nos paysans par dessus le marché !
Ah! ce fameux marché, rien à voir avec ces stands de toiles ou ces étales à ciel ouvert où
l'on peut choisir à son gré et selon ses envies, de quelle manière, en quelle quantité nous
allons manger la vie. Ce marché-là, nous l'aimons quand il nous sert, qui un bouquet de persil en plus, qui une tranche saucisson, qui un bout de fromage en apéritif.
Oui, ce marché-là, nous l'aimons. Celui que l'on nous a vendu comme étant le gardien unique du raisonnable, nous en voyons et entendons les effets néfastes tous les jours depuis quelques mois, L'histoire écrira sûrement un jour que ce marché nous a bien fait marcher.
En tant que citoyens conscients de l'irréalité et de l'irrationalité de cette religion globale, nous nous sommes dits chacun par son propre chemin, qu'il était temps d'agir pour notre santé et notre goût et notre liberté; en somme qu'il était temps pour nous de mettre la main au panier.
C'est tout le sens de ce qui nous réunit ce soir, l'amap, l'action pour le maintien d'une agriculture paysanne.
Quoi de plus beau que cette action qui desserre les mâchoires de cet étau inhumain et
redonne une vraie valeur aux vrais gens ?!
Rappelons-en brièvement le principe :
Un groupe de consomm'acteurs passe un contrat d'achat garanti pendant une période d'un an renouvelable avec un paysan, c'est-à-dire un habitant du pays où nous vivons, d'une récolte fraîche et variée au fil de la saison légumière.
La maraîchère et monsieur (ici présents) s'engagent pour leur part à livrer une récolte saine, exempte de toxiques issus de l'industrie pétrochimique, engrais, fongicides, pesticides, herbicides, et humanicides à long terme; récolte nourrie avec des apports organiques ou minéraux facilitant l'éclosion de la Vie. L'inscrire dans le grand cycle de la vie biologique est l'objectif de notre contrat. Ce faisant, nous reconnaissons la qualité du travail fourni en payant un prix équitable et notre partenaire bénéficie de rentrées régulières d'argent frais, certainement moins frais que ses légumes ?!
En tant qu'amapiens, nous prenons part à la bonne délivrance de la récolte à tour de rôle et chaque jeudi, entre 18h et 19h30 tapantes, pendant 44 semaines, chacun remplira son panier à la main en présence de nos amis maraîchers à partir de la mi-avril. Quel est l'intérêt de notre démarche au delà de profiter de l'excellence d'une récolte de proximité ? En cultivant l'esprit de coopération et de bonne citoyenneté, nous récolterons l'abondance durable ! La coopération, puisque nous définissons entre nous, amapiens et, entre amapiens et la famille Ruhant, les règles qui nous régissent, que nous adapterons au fur et à mesure et que nous mettrons en pratique avec un esprit de bonne volonté.
Citoyenneté parce que nous prenons notre destin en mains. Chaque jour nous votons par l'intermédiaire de nos achats: chaque fois que nous achetons de la nourriture ou un produit à une entreprise qui, de près ou de loin travaille avec une industrie de guerre ou une industrie nécrophile, directement ou indirectement par les redevances sur les marques ou les brevets de fabrication, nous finançons la guerre et la mort sans le vouloir consciemment. Ici ce soir, citoyens militants, nous choisissons de financer la vie, celle qui nous est proche, celle sur laquelle nous pouvons agir directement !
Coopération, citoyenneté, cela fait germer en nous lentement et sûrement l'abondance durable partagée. A l'opposé du chacun pour soi et de la dite guerre économique de tous contre tous, nous avançons ! Chacun faisant son chemin de coopération citoyenne vers l'abondance durable qui, elle, se construit par le partage de la connaissance au service du Bien Commun. La manière dont s'est construite cette amap est exemplaire à cet égard et je voudrais remercier particulièrement Nelly, Odile et Vincent qui sont les grosses légumes de notre soirée. La bonne volonté au service du Bien commun construit l'abondance durable partagée en vertu de deux principes simples :
L'union fait notre force et la diversité fait notre richesse !
Pour cela, mettons-nous au vert !
Merci
Jean-Marc Wojtkowski
Clin d'oeil à une amap
Quand l'amap n'était pas née, elle n'avait pas la solution,
Laura dit « Père, s'il vous plaît, comment faire pour me nourrir de bons petits plats
sans pesticides, rempli de vitamines, des recettes j'en ai plein la tête ? »
« Ecoute Laura, Thomas a hâte de te voir, il ne mâche pas ses mots et la fin des
haricots n'est pas la solution, il ne veut plus poireauter dans les supermarchés, c'est ici qu'à la fin du mois il n'a plus un radis.
Ils n'ont qu'à s'occuper de leurs oignons et de leurs rayons, cours, jette ton caddy, va voir Lomme de Terre car aut'part pas si loin, on ne se prend pas le chou, tous les jeudis dans la soirée, tes potes iront remplir leur panier de biaux légumes; le paysan ça il assume !
Tu sais, en terre, l'or y est depuis longtemps, alors éteins ta télé, ton portable, ton pc, prends du recul et nourris-toi de cette lecture et tu verras, nous ferons des potes âgés !
Famille Ruhant