Feuille de chou de L’AMAP Lomme de terre :

Interview d’Isabelle et Patrick Partie 3/3

Février 2022

Première partie de l'interview : http://amap-lommedeterre.over-blog.com/2022/02/feuille-de-chou-partie-1/3.html

Deuxième partie : http://amap-lommedeterre.over-blog.com/2022/02/feuille-de-chou-2/3.html

Sacrée épreuve !

Isabelle : Bon, il y a quand même des cultures qui vont bien !!!!

La mâche, les navets, les radis noirs, on s’en sort très bien

Les épinards que vous avez en ce moment, avaient mal commencé mais sont bien arrivés à terme.

Patrick : On essaie d’oublier la saison qui vient de s’écouler en mettant toute notre énergie pour la saison qui arrive. On réfléchit aux solutions à mettre en place pour ne pas revivre ça (décaler des plantations, variétés différentes…).

Isabelle : Nous avons également le projet d’installer un compteur d’eau sur la parcelle d’Houplines.

Patrick : Comme cette parcelle n’est pas irriguée, nous avons demandé à Iléo un devis.

Ça permettra de faire l’arrosage au moment des semis pour démarrer les plantes.

L’objectif est de faire pousser les carottes sur buttes : plus facile à arracher, moins sensible à l’humidité.

Encore une fois, ce projet est lié au dérèglement climatique. Il y a quelques années, nous aurions pu semer, il y avait toujours au moins une averse pour permettre à la graine de germer. Comme nous ne savons pas si l’an prochain sera sec ou pluvieux, nous sommes obligés d’investir sur le long terme pouvoir réagir s’il fait trop sec.

Isabelle : Ça ne nous arrange pas. Ça va nous faire une nouvelle dépense de quelques milliers d’euros….

Patrick : Le forage n’est pas envisageable puisqu’il n’y a pas d’électricité sur la parcelle.

En fonction du devis et de nos finances, nous verrons si le projet est faisable…

Isabelle : Patrick va avoir 58 ans. Un jour, il sera en retraite. On aimerait bien trouver quelqu’un avec qui s’associer, pour lui transmettre l’exploitation, le former et nous permettre de lever un peu le pied.

Patrick : Et surtout, on commence à se poser la question du devenir de l’exploitation dans 5 / 6 ans. On doit y penser maintenant, parce que dans notre métier, on ne peut pas transmettre du jour au lendemain. L’idéal serait de former quelqu’un qui reprendrait progressivement l’exploitation.

Isabelle : Nous recevons des stagiaires chaque année mais très peu, voire aucun, sont motivés. Ils ne se projettent plus dans le métier.

Patrick : Ils sont vite découragés par l’ampleur de la tâche.

Isabelle : C’est un peu inquiétant.

Notre dernière saisonnière, Mathilde, aurait parfaitement fait l’affaire : motivée, dynamique, pas du métier mais très engagée et ambitieuse. Mais elle préfère travailler dans une ferme collective avec plusieurs cœurs de métiers : maraichage, élevage, transformation de produits, du pain. Travailler à plusieurs pour ne pas être seule, et surtout, pouvoir compter sur les autres, et vice versa, en cas de besoin (maladie, vacances…).

D’ailleurs, à quand remonte vos dernières vacances ?

(Rires)

Isabelle : Hmm, je ne me souviens plus !

Patrick : 2016 ou 2017.

Isabelle : Peut-être… Mais non, avant ?

Patrick : Ah non ! C’était en Février 2016 !  

Isabelle : Grâce à un contrat d’apprentissage qu’on prenait pour la première fois ! Corentin nous a spontanément proposé de partir 1 semaine en vacances, il s’était occupé de tout et Jean-Bernard (amapien), je crois, assurait la livraison pour l’AMAP.

On était parti une semaine en février. Il n’y avait personne, on avait tous les chalets pour nous (rires).

Patrick : Et on n’est pas partis depuis.

Isabelle : Mais jusqu’à maintenant, on ne peut pas dire que les vacances me manquent.

Patrick : Moi non plus.

Isabelle : L’idéal serait avoir un peu de temps libre la semaine ou le week-end, pas forcément partir… Faire une semaine de randonnée par exemple.

Mais je ne pourrais jamais partir à la belle période, en laissant Patrick seul. Je me sentirais trop coupable, et ne passerai pas un bon moment.

Patrick : Bon, on peut partir 2 ou 3 jours pour que ça ne perturbe pas trop l’exploitation.

Isabelle : Comme à Noël on a levé le pied, sans livraison d’AMAP.

Avant, nous n’étions pas demandeurs. Maintenant que nous l’avons fait, c’est très bien oui, mais il ne faut pas que ça ennuie les Amapiens.

Patrick : Pendant ces 15 jours, ça nous permet de nous lever un petit peu moins tôt.

Isabelle : Quand c’est la pleine saison, on n’a le temps de rien d’autres. Donc quand on a 15 jours comme à Noël, on a plein de choses à faire et le temps est précieux.  On peut faire de l’administratif privé, des petits travaux de bricolage à la maison, acheter des choses dont on a besoin et qu’on n’a jamais le temps ; comme la literie, le bricolage, peindre un mur de la maison, etc...

Ce que les gens font habituellement le week-end ?

Isabelle : Voilà c’est tout à fait ça ! Le week-end on n’a pas le temps, en pleine saison, on n’a pas le temps de faire ça.

A Noël, j’ai pu restaurer un meuble, une commode que j’ai depuis 1 an et demi et dont je n’ai jamais le temps de m’occuper. J’ai enfin pu le terminer.

 « Mais malgré tout, on n’échangerait notre place pour rien au monde, je ne changerai pas de métier, c’est sûr ! » disent Isabelle et Patrick 

En conclusion, les deux années qui viennent de s’écouler, à l’instar du Covid, ont été une véritable épreuve pour Patrick et Isabelle. Alors, leur tempérament est d’un naturel optimiste d’où leurs différents projets pour pallier les aléas climatiques à leur échelle ; nous allons donc, à notre échelle, continuer notre rôle de colibri en les soutenant et en les rassurant au quotidien par notre engagement et notre investissement sur l’exploitation.

 

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